La Commanderie Saint-Antoine

Ouverture et visites guidées pour les Journées du Patrimoine

plan du XIXe siècle
plan du XIXe siècle

La Commanderie Saint Antoine de Pondaurat est un très bel exemple de l'architecture hospitalière des Antonins.

Bien qu'un certain nombre de transformations aient eu lieu au cours des siècles, elle nous est parvenue jusqu'à ce jour avec l'ensemble de ses bâtiments, tous inscrits à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques (ISMH)

 

Le couvent - L'église - Le moulin - Le pont - La maison aux contreforts

 

On ne connaît pas la date d’implantation des Antonins à Pondaurat, mais deux textes peuvent nous mettre sur la piste. Par une lettre de sauvegarde en date à Bath du 3 janvier 1285, envoyé à frère Bernard Del Sole, précepteur de l’hôpital Saint Antoine de Pondaurat, Edouard 1er précise que cet hôpital est placé dans sa mouvance par ses aumônes et celles de ses prédécesseurs. Il n’aurait pas employé le pluriel si cette fondation était le fait seul d’Henri III, son père. On pourrait donc en conclure qu’elle remonte à Jean sans Terre, qui a régné de 1199 à 1216 ou à Richard Cœur de Lion qui a régné de 1189 à 1199. Le second texte qui date de 1476, tiré de l’histoire du Prieuré de Saint Pierre de La Réole par dom Maupel, nous informe que le prieur demande au chapitre de Bazas, à l’abbé et couvent de Fontguilhem, à l’abbé et couvent du Rivet, à l’abbé et couvent de Saint-Ferme et au commandeur et frère de Pondaurat, d’attester auprès du roi Louis XI, qui tenait son droit de justice sur la ville de La Réole, de sa fidélité depuis l’époque de Richard Cœur de Lion. Il est probable que le prieur de La Réole n’aurait pas pris le risque de solliciter le témoignage des Antonins de Pondaurat sans avoir l’assurance que cette communauté, comme les autres, existait du temps de Richard.

Agrippa d’Aubigné a été le seul, dans son histoire universelle, à signaler l’incendie et la mise à sac de la commanderie occupée par une garnison de troupe catholique « qui incommodait gravement La Réole » alors aux mains des protestants. Jean de Fabas, capitaine protestant vicomte de Castets, vraisemblablement au début des années 1577, aurait mené son attaque au moyen de charrettes remplies de paille enflammée, poussées sur le pont pour incendier la porte qui le fermait et communiquer l’incendie aux bâtiments. On trouve trace de cet incendie sur les pierres d’angle de la commanderie au niveau du parapet du pont et sur plusieurs pierres réutilisées par la suite lors de la remise en état des bâtiments. Ce fut un massacre puisque de cette « bicocque » (petite place forte), « on ne put sauver qu’une femme demis-bruslée ».

Malgré d’important travaux de remise en état des bâtiments aux cours des XVII° et XVIII° siècles, l’activité de la commanderie commença à péricliter du fait d’une part d’un net recul de la maladie à l’origine de sa fondation, le mal des ardents ou feu Saint Antoine, et d’autre part de la très nette régression des pèlerinages vers Saint Jacques de Compostelle. C’est la raison pour laquelle Pie VI supprima l’ordre des Antonins par une bulle du 17 décembre 1776. Le 30 mai de l’année suivante l’ordre de Malte fut mis en possession de tous les biens de celui de Saint Antoine. On retrouva la trace de cette incorporation sur l’une des clés de voute de la nef de la chapelle où figure la croix de Malte. D’autre part la date de 1784 gravée sur l’arche du pont barrage commandant l’entrée d’eau des deux paires de meules, sur les trois paires que comporte le moulin, révèle que les chevaliers de Malte ont effectués des travaux de modernisation de cette usine qu’ils exploitaient directement.
A la suite de la révolution, tout le domaine de la commanderie fut vendu comme bien national le 17 août 1793 à « Pierre Conqueret aîné de La Réole adjudicataire définitif pour la somme de soixante dix sept mille cinq cent livres ». Au XIX° siècle la commune de Pondaurat put racheter la chapelle et une partie de la commanderie.

 

Vue du pont, du moulin et du presbytère